L'édito du mois
Ne brisons pas le trio magique
Comme beaucoup d’autres métiers de l’artisanat, la Boucherie s’appuie
depuis la nuit des temps sur le fameux trio patron-compagnon-apprenti.
Une fois l’apprentissage achevé, l’apprenti peut devenir compagnon
(aujourd’hui, on dit ouvrier boucher qualifi é ou hautement qualifié).
Après plusieurs années d’expérience, le compagnon peut succéder
à son patron, reprendre le fonds de commerce et devenir à son tour
maître d’apprentissage. Un nouvel apprenti sera recruté et le trio ainsi
reconstitué.
Ce dispositif – tellement simple – a plus que largement fait ses preuves.
C’est ainsi que les artisans ont réussi à traverser toutes les crises et à
résister aux hordes de la grande distribution.
A bien regarder, ce trio magique contient toutes nos forces : la formation
en alternance pour l’apprenti, de nos jours célébrée par tous,
industriels notamment, la formation continue, ou qualifi cation ou haute
qualifi cation (brevet professionnel) qui permet aux ouvriers bouchers
de prendre l’ascenseur social pour accéder au patronat. Sans compter
la satisfaction du chef d’entreprise à la fois de céder son affaire et de
savoir que la Boucherie continue entre des mains compétentes.
La pérennité des Métiers et singulièrement du nôtre dépend donc du
maintien du fameux trio, maintien très délicat au moment où l’on manque
de repreneurs, d’ouvriers et d’apprentis. A cet égard, il semble de
plus en plus fréquent que les apprentis ou que les autres candidats à
l’alternance dans le cadre d’un CQP par exemple ne trouvent pas de
Boucherie d’accueil. Certes, accueillir un débutant, jeune apprenti ou
jeune adulte n’est pas facile au départ. Néanmoins, cela vaut vraiment
la peine de persévérer, car l’avenir de nos 20 000 magasins en
dépend.
Le virus de la grippe A et la vie des entreprises