L'édito du mois
PRIVILÉGIÉS
ET MALHEUREUX
Les suicides à France Télécom succèdent à ceux qui ont
eu cours naguère chez Renault ou encore à EDF.
Au-delà de la misère morale que ces actes impliquent,
qui ne peut que susciter la compassion, on relève que
les salariés en question appartenaient tous à de très
grandes entreprises.
Selon un psychiatre, dans ce type d’entreprises,
les salariés souffrent de l’anonymat, du manque de reconnaissance et de l’instabilité professionnelle
(tout le contraire de la Boucherie où le salarié est reconnu,
apprécié et où il bénéfi cie d’une totale stabilité).
Il est vrai que les jeunes – avec les encouragements
de leurs parents – se sont bien volontiers tournés vers
les entreprises géantes.
Ils y trouveraient, on en était sûr, la fameuse sécurité,
l’assurance de n’être jamais licencié, la sérénité d’une
longue carrière sans souci. Ou plutôt sans d’autre souci
que de veiller à SES DROITS.
Droits aux avantages du Comité d’entreprise bien sûr,
mais aussi droits dont ne bénéfi cient pas les autres et
enfin et surtout, droit à une retraite pleine prise avant
tout le monde.
Tout le monde ? Eh oui, car il y a un monde en dehors
de ces entreprises mastodontes. Un monde composé
de personnes au raisonnement un peu primaire du genre :
il faut travailler pour mériter de gagner sa vie et ce n’est
pas facile. Qui sont-ils ?
Ce sont des artisans, des commerçants, des producteurs
de lait, des producteurs de viande, des professions
libérales.
Tous ceux-ci pourraient désespérer en constatant
l’immense différence à leur désavantage par rapport
aux salariés des grandes entreprises.
Il n’en est rien. Ils serrent les dents et se battent pour
réussir malgré les crises.
Quant aux autres, habitués à avoir tous les droits comme
des enfants gâtés, ils réagissent mal et certains
malheureux hélas, ne le supportent pas.
Il est plus que temps de revenir à une économie de
proximité avec des entreprises à taille humaine où tous
les salariés pourront s’épanouir.
A Best, les Français sont restés les meilleurs