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Confédération Française de la Boucherie, Boucherie-Charcuterie, Traiteurs
25/06/2018

Vandalisme contre des commerces de bouche : lettre au ministre de l'Intérieur

Paris, le 21 juin 2018

Monsieur le ministre,

Depuis plusieurs mois, les 18 000 artisans bouchers-charcutiers de notre pays s'inquiètent des conséquences de la surmédiatisation du mode de vie végan. Respectueux des choix alimentaires de nos compatriotes, nous sommes en revanche profondément choqués qu'une partie de la population veuille imposer à l'immense majorité son mode de vie pour ne pas dire son idéologie. De tels procédés ont un nom bien précis, l'autoritarisme, et se basent sur une propagande elle-même fondée sur la désinformation (les fameuses fake news) et l'intimidation.

A la désinformation, il convient de répondre, et c'est ce que nous faisons au quotidien, en réaffirmant la vérité à nos concitoyens.
Concernant l'intimidation dont nous sommes les victimes, elle se caractérise depuis plusieurs mois par des passages à l'acte violents qui semblent même se banaliser.

Cette violence s'exerce tant à visage découvert que masqué.
Publiquement, des associations et militants associatifs – si l'on peut encore parler d'associations et de militants – appellent à la violence contre les commerces de proximité.
C'est ainsi qu'il y a quelques mois, à l'appel d'une association, de nombreuses boucheries-charcuteries artisanales ont été la cible de jets de « faux-sang ».
Vous n'êtes pas non plus sans savoir qu'une militante se réclamant de la mouvance végane s'était réjouie sur Facebook de l'assassinat de notre confrère dans l'attentat de Trèbes. Jugée en comparution immédiate pour apologie du terrorisme elle a d'ailleurs été condamnée. Sachez qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé puisque des commentaires similaires ont été publiés sur les réseaux sociaux.
Encore plus récemment, quatre commerces (une boucherie, une poissonnerie, un restaurant et une rôtisserie) ont été vandalisés dans les Hauts-de-France par des jets de pierres dans leurs vitrines et des graffitis. Au-delà des dégâts physiques et économiques, le préjudice moral est énorme pour les commerçants. Là encore, il ne s'agit pas de cas isolés puisque des antécédents ont été signalés en région Occitanie. Enfin, que dire des propos tenus par une militante associative sur une radio pour qui casser des vitrines est un « acte citoyen » ?

Monsieur le ministre, face à cette escalade de la violence, quelle sera la prochaine étape ?
Comment peut-on supporter qu'une partie de la population soit en permanence stigmatisée sur les bases de son appartenance à une profession ?
Les attaques que subissent les boucheries-charcuteries et toute la filière sont ni plus ni moins une forme de terrorisme. Car c'est bien la terreur que cherchent à semer quelques individus ou organisations qui n'ont qu'un but : faire disparaître, purement et simplement, un pan entier de la culture française qui doit tant au savoir-faire de ses artisans bouchers-charcutiers, éleveurs, poissonniers, fromagers…

Nous aspirons à travailler sereinement, loin de la haine et des diktats de certains fanatiques. De grâce, qu'on nous laisse travailler en paix ! De grâce qu'on laisse les Français manger ce qu'ils souhaitent !

Nous comptons sur vos services et sur le soutien de l'ensemble du Gouvernement pour que cessent, le plus rapidement possible, les violences, physiques, verbales, morales à l'encontre des honnêtes professionnels que nous sommes.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le ministre, l'expression de ma très haute considération.

Le Président

Jean-François GUIHARD